L’objectif de mettre sur pied une compétition de niveau national voire international est atteint : Le couple BELFORT Trail et GIRO Trail a attiré près de 600 adeptes pour cette 1ere édition.
Minutieusement et amoureusement préparés pendant une année par la dynamique équipe de Territoire Sport Nature, une nouvelle étoile est née et rayonne dans le ciel de l’Ultra ce dimanche 23 octobre !
2 parcours virevoltant sur 2 régions et 3 départements (Territoire de Belfort, Haute Saône et Bas Rhin) de toute beauté au sein d’un splendide, accueillant mais rude massif Vosgien qui ont en tous cas enchanté les 600 trailers qui ont osé ce baptême du feu.
Pour une première, ce fut une magnifique première. Même en rêve, les organisateurs du BelforTrail (50 km, 2.300 m de dénivelé positif) et du GiroTrail (21 km, 1.000 m de dénivelé positif) n'avaient sans doute pas osé imaginer pareilles conditions météorologiques pour ce dimanche d’automne, du côté de la Planche-des-Belles-Filles, du Ballon d'Alsace, de la Fennematt et du Mont Jean : un été indien d’exception ! Un ciel bleu déserté par les nuages et des températures, sinon estivales, du moins quasi printanières.
Cela n'a pas empêché la présence, à certains endroits des parcours, de plaques verglacées. Un vrai danger lorsque la lucidité commence à avoir le hoquet après deux ou trois heures de course.
Un parcours relevé et exigeant , un panorama prestigieux !
Un vrai trail, digne de se nom ! La classe BELFORTAINE ! !
Tout a commencé au milieu d'une allée de flambeaux et d’animations diverses et colorées sur les coups de 7h30, dimanche matin à la base nautique du Malsaucy. Tout s'est conclu en musique à Giromagny, dans l’après-midi, sous un soleil d'automne doux et lumineux qui a donné au baptême du Belfortrail et du Girotrail un bel air de fête.
Le temps est frais, une bonne pellicule de givre recouvre les structures … -2° ça frise ! ! Trail Man » libère la troupe de nuit du coté du Lac de Malsaucy, à la lueur des frontales et d'une montgolfière placée là pour l’occasion.
Le début de parcours est roulant et le rythme est élevé dés le départ. D’entrée les frontales s’étiolent dans la nuit et la tête de course se dessine.
La première difficulté de « La Grande Côte » s’annonce au Km 5 ( Alt 608m) comme un échauffement de ce qui nous attend sur le parcours. ! Oublié le froid matinal, les fronts perlent et les trailers tombent les couches…
Les trailers locaux qui connaissent l’exigence et la beauté du parcours distillent leurs précieux conseils aux visiteurs Français, Suisse, Danois, Allemands , Hollandais qui ont fait le déplacement, fiers d’indiquer les points remarquables de ce massif Sud Vosgien réputé.
Je rejoins le point d’eau du Km 12 (dans le petit village d’Auxelles Haut perché à flanc de montagne) en 1h, je n’ai pas lézardé en chemin….Je me m’y arrête pas.
S’offre à nous la première sérieuse difficulté, la longue et rude montée à la Planche des Belles Filles ( Alt 1148m, qui plus est sera étape du Tour de France 2012…) via le mur chaotique du Mont Ménard, bien connu des coureurs locaux !
Prudence est de mise dans cette ascension quasi verticale par endroits, abrupte et empierrée, et nombre d’entre nous marchent et souffrent légitimement….
Nous profitons du panorama dégagé sur la trouée de Belfort, la suisse environnante et l’horizon est sans limite ! Seuls nos quadriceps bouillonnants et notre échine courbée nous rappellent l’intensité de l’effort et l’engagement nécessaire….Paysages sublimes, spectacle, évasion, effort, météo printanière …tous les ingrédients d’une course réussie !
Il me faut 2h00 pour rejoindre le 1er point de ravitaillement solide à la Planche des belles Filles, au KM 17 , Alt 1148m, également 1er point de relais pour les 18 équipes engagées en relais. Pointé en 30ième position, je m’y restaure à la hâte, et engage la longue descente technique, parfois dangereuse et chaotique qui nous déposera à l’étang des Belles Filles quelques 250m plus bas. Cette première portion s’avérera le juge de paix de la course, notamment sur le Giro Trail (21 Km) par la générosité des efforts consentis qui se paieront sur le final également croustillant …
Nous sommes tout d’abord bien secoués sur un magnifique monotrace virevoltant et descendant , puis engageons sur une large forestier jusqu’au sommet du Ballon d’Alsace ( cote 1247m), point culminant de la course, au Km 25.
Mon rythme s’est ralenti, la faim me tenaille….mes généreux efforts dans la Planche ont entamé mes réserves, et je visualise le festin qui me sera nécessaire au 2ième ravitaillement après l’ascension de la redoutable et redoutée de tous piste noire du Grand Langenberg…. ! !
La crête est dégagée et nous offre là encore une vision de rêve sur les régions Vosges, Alsace et Franche comté, avant la plongée vertigineuse vers le refuge du Boedelen côté Alsacien. L’entame du sentier sur la corniche est un trou verglacé sur la première partie, que nous abordons avec toute la prudence qui s’impose.
Le sentier plongeant, orné de marches naturelles, d’escaliers rapportés, de feuilles mortes multicolores et de dévers est de toute beauté ….un exercice d’équilibre parfois, de vigilance en permanence ! !
Le Km 28 , peu après le refuge, marque le départ de l’ascension de la grosse difficulté du parcours, le passage de la piste de ski noire du Langenberg…Le morceau d’anthologie de cette balade, où nombre de coureurs courberont encore l’échine et grimaceront . Il me faudra 17 minutes pour venir à bout de ce kilomètre vertical et de ses 350m de dénivelé positif, 2 fois plus qu’habituellement à l’entraînement… ! ! C’est dire à quel point le 2ième ravitaillement de la Gentiane ( Km 32, cote 1000m) , également 2ième point relais, est salvateur et arrive comme une délivrance! ! Je m’arrête à cet oasis, m’y restaure et recharge copieusement sans toutefois m’y attarder, afin de poursuivre sur ma lancée. Il n’y a plus de peloton depuis bien longtemps, seuls des groupuscules de trailers par vagues. Les organismes sont souriants mais parfois aussi grimaçants, marqués par les efforts cumulés. « Wouahouuuu …. C’est du costaud cette rampe , quasi de l’escalade … » refrain souvent chanté par certains à bout de souffle ! !
Le grand Langenberg aura encore permis de creuser les écarts et de nous rendre bien humble face à la pente. Les forces laissées là manqueront à certains sur le final….
Après ce bref passage sur le plateau, nous plongeons à nouveau côté Alsacien pour rejoindre par la forêt le lieu dit « Lerchenmatt ». Les jambes sont lourdes et la descente encore très incertaine et fracassée ne permet aucun écart de trajectoire…Prudence , vigilance et frein à mains jusqu’à proximité de la cascade puis on peut se lâcher sur le chemin forestier qui nous conduit au pied de la sérieuse montée de la Fenmatt.
3,6 Km d’ascension en sous bois et en forêt de conifères pour atteindre la cote 922m au 37 ième Km…Usant et bien éprouvant pour les organismes qui sont entrés en résistance….
Le sentier se transforme maintenant en véritable mélodie où alternent crescendos et decrescendos. Je progresse allegro sur les portions les plus roulantes, en faisant fit de la fatigue ….Il faut lutter jusqu’à la roche du Serpent ( Km 42 , cote 1000m) qui marque l’entrée de la dernière difficulté.
La descente finale est terrible pour les quadriceps déjà bien meurtris. Je m’y engage résolument livrant généreusement mes forces dans la bataille. Je passe la dernière bosse du Mont Jean à l’énergie des jarrets puis me laisse dévaler à grandes enjambées vers le village d’arrivée où nous attendaient repos, restauration, et chaleur Franc Comtoise….
J’en termine en 6h22 à la 30 ième place et 3ième VH2, alors que Léo Bechet le Vosgien emportait le BELFORT TRAIL ( 50 Km, D+ 2300m) en 5h00.
Benoît Chabod, lui,c'est adjugé les 21 km du GiroTrail en 1h49.
Voici 2 références pour le prochain rendez vous incontournable de 2012….
Une première qui, souvent, a ravi malgré l'exigence des parcours, la nécessité de marcher dans les pourcentages les plus élevés et l'effort souvent généreux exigé.
Mais la ligne d'arrivée franchie, la convivialité du moment a bien confirmé le plaisir de chacun d'avoir été de cette grande première, venue assurément combler un vide au pied de ces montagnes si séduisantes et restées si longtemps en attente de reconnaissance.
Jean-Pierre





